31 MAI 2018 Les marchés n'ont plus de raison de monter

Pour Jean-Jacques Friedman, de Natixis Wealth Management, il n'y aura pas de krach, mais les marchés manquent d'un nouveau catalyseur pour croître encore.

L'arrivée au pouvoir en Italie des partis populistes peut-elle enrayer la dynamique positive des marchés ?

Jean Jacques Friedman : Les marchés n'y croient pas en réalité. Il ne s'est d'ailleurs rien passé pendant deux mois depuis le résultat des élections législatives. Au contraire, les actions italiennes ont surperformé les indices européens depuis le début de l'année. Mais il est vrai que les marchés de taux se sont montrés plus volatils. Certes, le programme économique fait peur, mais il ne prévoit ni sortie de l'euro, ni remise en cause de la politique de la BCE, ni renégociation de la dette, qui est d'ailleurs principalement détenue par les Italiens. Les investisseurs jouent la montre… Nous avions d'ailleurs titré le curieux attelage de la Ligue et du M5S comme celui de la carpe et du lapin, en concluant que la durée d'un tel mariage est en général très courte. En revanche, la relance de la construction européenne devient de facto plus compliquée.

Le scénario rose de début d'année est-il toujours aussi crédible ?

Jean Jacques Friedman : Je rappelle ici que nous n'adhérions pas à ce scénario, nous considérions certes que la croissance 2018 ne faisait pas de doute. Mais, a contrario, la perspective de bonnes surprises était devenue quasi nulle à ces niveaux. Les perspectives macroéconomiques sont toujours bonnes : la croissance américaine est meilleure qu'attendu, soutenue par la reprise des investissements, les bénéfices par actions sont partout sur une pente ascendante. Les marchés sont simplement correctement valorisés, au contraire des années précédentes où ils ont été durablement bon marché. Par ailleurs, nous ne croyons ni à une accélération de la hausse des taux longs aux États-Unis compte tenu de leur fort endettement qui nécessitera une Fed toujours vigilante, ni à une escalade protectionniste. Lire la suite de l'interview

Source : Le Point - 31/05/201