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PERSPECTIVES MACRO ÉCONOMIQUES

Marchés actions 2026 : risque de bulle ou questionnement fondamental ?

L’année 2025 s’est acheminée vers un troisième exercice en hausse significative pour les actifs risqués. Néanmoins, cette solide performance aura été obtenue au prix d’une prise de risque plus importante, contribuant à dégrader la qualité des rendements. Le secteur des valeurs de technologies continue de représenter le moteur principal de la hausse. Au-delà des craintes d’enchaînement spéculatif ou, à l’inverse, de la tentation de prises de bénéfices, les fondamentaux du secteur pourraient bien être questionnés en 2026.

Les raisons de la nervosité

L’essor remarquable des valeurs technologiques alimente la tentation de prises de bénéfices, qui, compte tenu de leur parcours exceptionnel, n’est pas surprenante. Au-delà de la problématique désormais installée de la concentration des indices autour de quelques valeurs, la nervosité des marchés s’est traduite par une multiplication de mouvements jugés inhabituels, illustrant la hausse de la volatilité, à l’image des parcours de Nvidia ou de Palantir lors de la publication de leurs résultats (ouverture en nette hausse et repli significatif en clôture des marchés.

Cette fébrilité à l’égard de ces sociétés, emblématique de l’engouement qui accompagne le déploiement de l’intelligence artificielle, répond aux niveaux de valorisation particulièrement tendus du secteur et, compte tenu de leur poids dans les indices, de ceux de l’ensemble des marchés actions américains, proches de sommets historiques. Une moyenne des différents indicateurs de valorisation, à la fois historiques et prospectifs, indique une valorisation jamais atteinte, hormis les derniers instants de la bulle TMT de la fin des années 1990.

Cette tension des valorisations est d’autant plus problématique pour les investisseurs que l’économie américaine s’achemine vers un ralentissement de sa croissance, tout en faisant face à des taux d’intérêt toujours relativement élevés. Ainsi, la prime de risque des actions américaines est devenue négative, invitant à la prudence en termes d’allocation d’actifs stratégiques. En effet, dans ce contexte, il apparaît en théorie plus pertinent de prêter à 10 ans à l’administration américaine que de s’exposer aux marchés actions compte tenu du rendement espéré. Si, bien sûr, les valorisations sont un indicateur de timing de marché peu fiable, l’histoire démontre que les rendements réalisés à long terme dans un tel contexte de valorisation ont généralement été médiocres, suggérant un couple rendement-risque peu attrayant.

Toutefois, au-delà du risque de prises de bénéfices légitimes, ce constat sur les valorisations semble s’accompagner d’un questionnement plus profond sur la solidité des fondamentaux du secteur. Si la possibilité d’une bulle est souvent
évoquée et semble tout à fait crédible, un éventuel dégonflement de la prime de valorisation apparaît probable au regard du statut « qualité » du secteur qui semble écorné.

Sources : LSEG Datastream / Natixis Wealth Management

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Benoît Peloille Chief Investment Officer